Thursday, July 31, 2008

encore des soldes (mais c'est bientôt fini)

Hier, entre deux séances chez l’opticien, nous avons donc cherché des cadeaux pour Charlotte et Louise (les filles de ma marraine qu’on va voir ce week-end, pour ceux qui ne suivraient pas). Comme c’est la fin des soldes, on avait décidé d’acheter à chacune un haut. Problème : elles doivent toutes les deux approcher le mètre 75 (pffff), et ont des tailles de vêtement en conséquence : 44-46 pour la première et 42-44 pour la deuxième. Ce qui m’a permis de remarquer quelque chose que je n’avais jamais remarqué avant. A la fin des soldes, en Angleterre, il ne reste que des tailles extrêmes, genre 0, -1 ou 48 et 52 (pourquoi y a-t-il du 52 chez Monsoon, c’est un mystère ? en France, on trouve du 52 uniquement dans les boutiques genre « grosse & belle », où tous les vêtements ressemblent à des boubous africains ou des chemisiers en polyester) ; pas une seule taille intermédiaire. A l’inverse, en France, tu as pleins de 40 ou de taille 2 dans les rayons, mais très peu de 36/38 ou 42-46. Donc je ne me plaindrais plus jamais qu’il ne reste que des grandes tailles, puisque c’est faux. A la place, je récriminerai : « mais c’est nul, il ne reste que des tailles intermédiaires ».

Nous voilà donc parties à chercher 2 hauts. Sachant que je ne les ai pas vues depuis longtemps, c’était assez dur de trouver quelque chose d’adapté. Et c’est pas M. qui m’a facilitée la tache : « oh ben Louise s’habille de manière assez originale. De toute façon, elle est en section dessin, tu sais », ce qui chez elle veut dire à peu près : elle a toujours les cheveux dans les yeux, au moins un piercing, un copain gravement chevelu tendance hippie et consomme des substances hallucinogènes pour trouver de l’inspiration (enfin, je crois pas que Louise en soit là…). En tout cas, j’ai fait pour elles ce que je ne fais jamais pour moi, j’ai patiemment épluché les rayons soldes de Etam et Promod pour trouver le bon vêtement. Je suis même rentrée chez Pimkie sans en ressortir immédiatement, témoignage irréfutable d’amour non filial et de bonne volonté s’il en est (et résultat, j’ai du subir le discours quasi cornélien d’une fille de 11 ans (version plus jeune de Little Miss Perfect) qui ne savait pas si sa mini jupe en jean blanc avec ceinture à paillettes (sic) ne faisait pas trop gamine). Finalement, j’ai choisi une tunique en laine chez Promod pour Charlotte et une blouse à imprimé 60’s chez Etam pour Louise. (ah oui, et comme il y avait une promo à Etam je nous ai choisies à chacune une écharpe d’été – la tienne est noire avec des ronds blancs – mais je sais pas quand elles pointeront le bout du pompon)

Et évidemment, comme chaque fois que je ne cherche rien pour moi, j’ai trouvé plein de trucs. Par exemple, la blouse pour Louise, je n’y ai pas jeté un seul coup d’œil la fois où je suis venue à Etam pour moi ? mais là, en l’essayant, je l’ai trouvée trop belle. Peut-être parce qu’en cherchant pour moi je me sens tenue de me limiter à un certain type de vêtements que je suis censée porter, mais que quand j’achète pour d’autres j’ai un champ de possibilités plus large. Toujours est-il que je suis revenue ce matin pour essayer les vêtements. Mais visiblement, il existe à Nevers tout une faune qui nous est inconnue, et qui ne sort de sa tanière qu’après 19h, parce qu’à 10h30 la moitié des vêtements que j’avais vu avaient disparu – et l’autre ne m’allait pas.

Mais mon déplacement n’aura pas été en vain, puisque je l’ai retrouvé : mon sac Longchamp, celui en nubuck rose thé avec les fermetures éclair, celui qui me criait « Maman » quand je le voyais en vitrine à Toulouse et qui a pleuré en me voyant lui tourner le dos avec abnégation aux Galeries Lafayette. Et il ne coûte plus que 210€ ! et grand-mère veut que je trouve un cadeau pour mon anniversaire + mon année ! et la vendeuse me l’a mis de côté jusqu’à demain ! et la boutique Swaroski a enfin ouvert !

Tuesday, July 29, 2008

âmes sensibles s'abstenir

Cette scène, d’une cruauté insoutenable, a eu lieu le 28 juillet 2008, à 19h20 durant le dîner, chez les G. Par discrétion, nous avons choisi de garder secrète l’identité des protagonistes.

C : Tu prends pas de haricots verts, Maman ?
M : Non, non, je vais me contenter de fromage blanc.
C : tu sais que ça n’a pas les mêmes qualités nutritives, n’est-ce pas ?
M. rentre dans la maison
C, à P : c’est sûr que quand on a mangé une glace à 4h…
M, depuis la cuisine : ça suffit, avec tes réflexions !
P : oh, mais elle a l’ouïe fine !
C : c’est bien tout ce qu’elle a de fin !!

Friday, July 25, 2008

du crumbe ! du crumble !

J'écris pas en ce moment parce que j'y arrive pas, tout simplement. J'arrive pas à écrire l'article sur Narnia (et puis tu devrais arêter de lire des FF, ça éviterait les questions débiles) ; tout ce que j'écris est méchant ou amer, alors on va attendre un peu avant de continuer.
J'ai fait le crumble hier soir (avec M. à l'épluchage de pêches) et il y en avait déjà la moitié en moins à 16h. Il est très bon mais j'avais mis trop de beurre (imagine le drame d'ici : le beurre fond, dégouline dans le four, brûle, M. panique, un court partout, me traite d'incapable - ça l'a pas empêché d'en manger un quart).
Ce soir je mange avec Laurène (qui a un nouveau copain, oui mademoiselle ; je te raconterai tout ça !!)

Tuesday, July 22, 2008

en attendant

article sur Narnia bientôt. en attendant, je dorlote mes coups de soleil traditionnels (mais cette année élégemment assymétriques), je chasse les puces du chat, je réfléchis à faire un crumble aux pêches, je me documente sur les bouffées de chaleur pré-ménopause, je finis mes liasses, je regarde de vieux téléfilms en cassettes.
xoxo

Saturday, July 19, 2008

ich bin krank

Ou plutôt, je suis malaaaaaaaaaade, comme chantait l’autre. Depuis jeudi matin, j’ai quasiment rien mangé, puisque dès que je mange j’ai mal au cœur. Par contre, je bois plus d’eau qu’un __________ (complétez par le nom d’une bestiole buvant beaucoup). D’ailleurs vendredi matin j’ai vomi dans le caniveau devant la maison. Je vous raconte pas ça uniquement pour le plaisir, mais aussi parce que mine de rien, l’anecdote est marrante (le mine de rien arrive bientôt). Donc, depuis mon réveillé j’avais mal au cœur. C’est pas grave, je me prépare quand même à aller à l’hôpital (ironiquement, pour y travailler). M. étant déjà partie, il ne restait donc que P. qui fermait le portail. Pendant ce temps, au lieu de monter en voiture, je vomissais consciencieusement mon repas de jeudi midi dans le caniveau. On aurait cru un lendemain de fête, l’ivresse de la veille en moins. Donc P. me dit : « tu as fini ? je vais chercher de l’eau. ». Bête que je suis, je me dis qu’il va me chercher un verre d’eau pour que je me rince la bouche. Penses-tu, il revient avec un arrosoir pour rincer le caniveau. Puis, visiblement sur-motivé à l’idée d’aller travailler, il me fait monter en voiture –sans laisser le temps de me laver les dents (merci…) – pour aller travailler. On sait jamais, des fois que mes mandats se carapatent tout seul si je prends une demie journée de congé… Et il a passé tout le trajet à me demander quand est-ce que je me mettais en jupe. Argument de choc : « t’as des jolies tenues, pourquoi tu les mets pas ? ». Genre là je suis habillée comme un sac… Conclusion ? mon père est un barbare sans cœur.

Thursday, July 17, 2008

"you're relieved, Mr. President"

Si j’écris pas en ce moment, c’est pas parce que je suis trop fatiguée (travailler avec douze équivalents de ma grand-mère a peu de chance de m’épuiser) ou que j’ai pas le temps, c’est simplement que je préfère consacrer mon temps et énergie en dehors de l’hôpital pour regarder « the West Wing ». Ça m’a prise ce week-end pendant la visite de grand-père. J’ai regardé la quasi-totalité de la saison 4, qui est excellente. Le final surtout, « Mr. President, you’re relieved », « Leo will know what to do » et « are you in love with Josh ? ». Et une des meilleures scenes, toutes saisons confondues, est sans doute celle entre Andy et Toby dans la maison qu’il a acheté (ça doit être une des plus tristes aussi). Tu as donc ce final fantastique, et après, paf, tu as une grosse crêpe en guise de season opening. Avec Amy l’insupportable qui se la ramène encore (j’aime bien Amy, mais on pouvait raisonnablement espérer un baiser entre Josh et Donna pour célébrer la libération de Zoey, au lieu de devoir attendre une victoire électorale au Texas. Là, à côté, la grande blonde, c’est pas dur quand même !!). Et oh mon amour tu es saine et sauve, comme je suis ta mère je fais la geule et je pars m’enterrer dans la ferme familiale, pendant que Charly fait des yeux de cocker battu. Et puis les républicains sont méchants et arrivistes, bouh ! jetez-leur tous des tomates ! Mais c’est pas grave, c’est trop bien quand même – et puis Josh et CJ sont géniaux (mais où passe Dany ? ils le sortent de sa boîte quand ça les arrange ?). And btw, tu pourrais me ramener la saison 2 (est-ce que par chance ça serait celle avec les épisodes où 1) il y a un candidat à la présidence polonaise avec une prostituée américaine qui attendent devant la Maison Blanche ; 2) la first Lady dit à Charly « blabla so it means we can have sex now »). Un rapatriement sans délai est demandé (en plus du truc de chez Accessorize ^^ ; ouais je sais c’est scandaleux).

Sunday, July 13, 2008

Il faudrait que j'entende "un jour tu seras grande"

J’ai une mère persuadée que la solution miracle à la criminalité en Angleterre est la démocratisation du volet dans les îles britanniques (qui s’y fait très rare, pour ceux qui n’en seraient pas des habitués). J’ai aussi un grand-père qui vient de découvrir l’épilation du maillot grâce à Jean-Pierre Pernault, alors qu’il ne s’était toujours pas remis de l’épilation des aisselles.

Avec tout ça, il y a des jours où je me dis que ce que je raconte ici est vraiment inintéressant – ceci n’étant pas un appel pour que ma foultitude de lecteurs s’exclament « mais siiiiiiiiii, c’est très intéressant » (quoique si vous voulez vous pouvez, les compliments, même précommandés et sur mesure, sont toujours les bienvenus). C’est vrai qu’il y a des jours où j’ai vraiment rien à raconter, mais j’essaye quand même d’éviter le syndrome mavie.com (d’autant plus que je ne peux pas faire de dessin pour rendre trépidante une anecdote insipide du genre « aujourd’hui j’ai reçu ma nouvelle carte bleue » - je pourrais bien le broder, mais ça serait un blog à très très long terme).

Il y a aussi des articles qui sont plus ou moins bien écrits, suivants l’heure et l’humeur au moment de la rédaction. J’ai tendance à faire beaucoup de digressions et à ne pas toujours être très cohérente dans le développement de mes raisonnements, mais j’essaye de faire attention et de consacrer du temps à la rédaction des articles quand je peux.

Il y a certains sujets que j’aborde souvent, et d’autres que je laisse volontairement toujours de côté. Les plus récurrents doivent être ma mère et mes rêves (parce que je ne saurais pas en parler, mais que je peux l’écrire), et ceux qui ne sont jamais évoqués sont principalement les gens que je connais ou que je rencontre – parce qu’il pourrait m’arriver d’écrire des choses que je regretterais ensuite, étant donné que je peux avoir tendance à être assez critique.

Je ne parle pas non plus beaucoup de mes études ici, mais c’est surtout parce que j’écris à la fin de la journée, moment où j’en ai jusque là des ondes et que si on me proposait un BTS d’esthéticienne, j’y sauterais à pieds joints (mais je m’en mordrais les doigts ensuite, que ça soit clair). Et aussi parce que j’ai vraiment l’impression de ne rien y connaître, et donc je ne me sens pas vraiment une quelconque autorité pour parler du dernier prix Nobel de physique ou de pourquoi je fais GP l’an prochain. Depuis que je suis à l’INSA, je passe mon temps à avoir l’impression d’être parfaitement inadaptée parce que l’intérêt que je porte aux sciences est, disons, limité. J’aime ça, ça m’intéresse, ça m’amuse, mais ça s’arrête là. Ça ne me viendra pas à l’idée d’approfondir mes connaissances en programmation au point de pouvoir coder mes propres jeux. Pire, ça ne m’intéresserait même pas, alors qu’il me semble que ça devrait, au moins juste un peu. Parfois, quand j’essaye d’expliquer pour la énième fois à Antoine pourquoi ça me semble important de reconnaître un sac Kelly - et que je sais que c’est peine perdue – je me demande vraiment ce que je fais là. Tout ça pour dire que si je cite plus souvent Helen Fielding que Einstein, c’est uniquement parce que je me sens plus de légitimité par rapport au premier qu’au second – à tort ou à raison, d’ailleurs, là n’est pas la question.

Et je ne sais pas si vous l’avez déjà remarqué, mais je ne sais jamais comment conclure mes articles.

Wednesday, July 9, 2008

oh mais ta g***** !!!!!!

Ce matin, j’ai eu la malchance de petit-déjeuner avec M. (je supporte pas les gens qui parlent avant d’avoir pris mon petit-déjeuner). Bon grès mal grès je m’installe et allume la télé où je zappe sur les clips. En l’occurrence passait celui du « prochain tube de l’été » (wouhou), à savoir un truc très nul chanté en anglais par un bellâtre pseudo-hispanique (qui vérifie à l’occasion l’histoire de la vache espagnole). Le réalisateur avait décidé de représenter des vacances classique : le « chanteur » avait bien naturellement une bouteille de champagne à la main et dansait (« bougeait les pieds » serait plus exact) entouré d’une dizaine de strip-teaseuses (ou peu s’en faut) recrutées pour l’occasion. Et là, M. s’écrie : « mais c’est un scandale… ». J’aurais parié qu’elle allait critiquer les filles quasi-toutes nues. Mais visiblement, à 7h-15 on remarque pas la même chose parce qu’elle continue : « on devrait interdire au gens de boire de l’alcool dans les films, c’est de l’incitation à boire, blablabla, alcoolisme chez les jeunes, blablabla, scandale, blablabla, scandaleux. » Et moi, qui décide de faire la cruche, demande innocemment : « mais aloreuh, tu crois queheuh, il faudrait aussi que personne ne fume dans les filmeuh ? » Ben oui dis donc, c’est qu’elle le croit. Je vous épargnerai la suite du dialogue, qui de toute façon consistait en une variation entre « scandale » pour M. et « Humf » pour moi (l’onomatopée la moins engageante, mais aussi la seule qui peut passer pour une réponse) ; en gros, on aurait dit la fin de « thank you for smoking », quand le sénateur présente ses ridicules photos retouchées…

Ensuite, exactement comme dans le clip, j’ai enfilé mon mini monokini en macramé, pour aller sauter avec toutes mes copines dans la piscine verte tellement elle est bleu…

En fait, c’est le premier jour de beau temps (comprendre : pas de pluie) et en guise de piscine pleine de mannequins, je travaille dans un open-space peuplé de femmes à divers stade de leur ménopause, ce qui les poussent à me materner plus que nécessaire en attendant la prochaine visite de leurs enfants. Evidemment, il y a bien l’homme et demi : le patron, mâle dominant de l’espace (il avait piqué une colère le vendredi précédant mon arrivée, et elles en étaient toujours toutes émoustillées), et un autre (le demi) qui a visiblement raté de peu la trisomie 21. Un environnement épanouissant pour un travail épanouissant : trier des mandats par numéro de compte, puis en faire des liasses de moins de 10 cm d’épaisseur et 5kg (c’est très important, il y a des tas de circulaires pour préciser les mesures, prises uniquement pour le bien-être des juges). Bref, si ce n’est ma paye à la fin du mois, l‘ensemble est bof et j’ai un torticolis (au moins j’améliore mes rotations de buste).

Saturday, July 5, 2008

galerie des horreurs

Marlou n’a qu’à attendre dans sa cabine d’essayage (de toute façon je crois qu’elle n’est pas vraiment pressée d’ouvrir le rideau), pour le moment j’ai envie de parler de mon activité de l’après-midi, à savoir : ranger mon armoire.

Vaste programme. Ranger mon armoire, ça veut dire refaire les piles de vêtements ; rendre à Lucie ce qui lui appartient ; trier mes petites culottes par couleur ; me débarrasser des vêtements qui ne me vont / plaisent plus. Parce que, contrairement à ce que certains pourraient penser, je n’achète pas tant de vêtements que ça, et surtout je les garde longtemps. D’abord parce que j’en ai quand même beaucoup, ensuite parce que je n’ai pas grandi depuis la 4ème, ce qui limite la rotation vestimentaire (mais si, quand on jette un pull pour faire la place à un autre quasi identique). Et surtout, surtout, parce que dans la famille, se débarrasser d’un vêtement qui a moins de 10 ans d’utilisation derrière lui, c’est pire qu’épouser un ex-SS. Ici le vêtement - du pull à la petite culotte - a un cycle de vie extrêmement bien rodé : il est d’abord acheté, la plupart du temps en soldes ; il est ensuite porté pendant une dizaine d’années, pour des occasions de plus en plus informelles, suivant la vitesse à laquelle il pluche/se déchire/est taché au-delà du réparable. Une fois usé trop irrémédiablement pour être porté en société (i.e. toute personne n’appartenant pas à l’arbre généalogique) il sera rétrogradé au rang de vêtement de bricolage ; on lui fera alors subir diverses poses de papier peint, peintures de volets, tontes de pelouse et autres pulvérisations de désherbant. A la fin de cette étape, si le vêtement est en coton, il sera découpé puis utilisé pour dépoussiérer ; s’il est en laine, il participera au cirage annuel du parquet. Ceci étant poussé à tel point que, quand j’étais petite et que je voyais une photo de M. d’avant ma naissance, je m’exclamais presque invariablement : « oh, mais c’est le truc qui sert à faire la poussière » ; ou encore que dans tous mes souvenirs d’avant mes 6 ans, elle porte le même sweat rouge à pois blancs (je l’identifiais tellement à ce sweat qu’un jour, en vacances, j’avais suivi sans réfléchir une inconnue qui portait le même, avant de m’apercevoir que ce n’était pas ma mère et que d’ailleurs elle ne portait absolument ce haut ce jour-là)…

Trier le contenu de mon armoire s’est donc rapidement en une fouille archéologique où chaque étagère me rappelait des souvenirs – et pas des bons en général. Jusqu’à maintenant, je n’avais pas encore eu le droit de me débarrasser de certains vêtements que je trouvais affreux (et portés si peu souvent qu’ils étaient blancs de poussière !!). Cette année, j’ai enfin pu vider seule et manu militari : un atroce pyjama pilou orange avec des fleurs roses et des appliques de dentelles, offert par G.M. à Noël il y a 3 ans et qui avait déjà l’air usé avant d’avoir été porté (le pire, c’est que j’ai du la remercier pour le cadeau…) ; un manteau rouge très Cyrillus 94, réplique exacte de celui que ma catéchèse de CE2 portait (pourquoi a-t-il été acheté, mystère) ; un pull marin acheté il y a 6 ans en bord de mer, marqué à jamais par un tragique incident incriminant une tasse de chocolat ; un béret kaki qui me donne l’air de m’être enrôlé dans les jeunesses communistes ; un pseudo-jean, choisi par M. en 4ème, acheté en taille 42 pour être sûr qu’il ne soit pas taille basse (je devrais peut-être le garder pour me rappeler ce que ne doit PAS être un pantalon ; à savoir trop grand, pour commencer) ; et surtout les robes de chambre taille 14 ans (et qui me vont toujours, soit dit en passant) affreuses, pelucheuses, qui font soit gamine soit ménopausé mais rien entre les deux, et que M. avait amoureusement brodées d’elfes ou de tortues (plus kitsch tu meurs). D’ailleurs quand je les ai posées sur la pile j’ai eu droit à un cri parental unanime : « quoi tu donnes tes jolies robes de chambre ? oh ben non, on va plutôt les garder ». La seule étagère que je n’ai pas pu toucher (je crois que M. était prête à me faire un barrage de son corps pour ça), c’est celle des pulls. Faut la comprendre : ils ont tous été tricotés main par G.M. Mais la grand-mère a vraiment pas le compas dans l’œil, et a tendance à tricoter des pulls à emmanchures chauve-souris que je pourrais toujours porter quand j’aurais 2 enfants, une maison en banlieue et une armoire remplie de taille 44 (comme qui, voyons ? mmm…).

Je passerai sur les conseils intelligents de M., du genre « avant de te plaindre que t’as plus de place, trie plutôt tes pulls par couleur » (parfois, elle réfléchit trop vite pour moi). Mais je plains quand même les gens chez qui échoueront ces vêtements : après tout, c’est pas parce qu’on est pauvre qu’on a envie de mal s’habiller.

Zips are the beginning and the end

Sujet du jour : acheter des vêtements (sujet qui va passionner mon nombre astronomique de lecteurs, dont les ¾ - littéralement - ont disparu dans la nature sans laisser de commentaire…)

« Il y a toujours des nanas qui savent que tout leur va pour se pavaner devant les miroirs en prenant la pose et en disant : « Tu ne trouves pas que ça me grossit ? » à leur copine forcément obèse, qui elle, aura toujours l’air hippopotame, quoi qu’elle mette sur le dos. »
Le journal de Bridget Jones
Helen Fielding

C’est exactement cette scène que j’avais sous le nez hier après-midi à Kookaï. Deux copines qui faisaient les soldes ensemble : une grande et massive, avec des boutons d’acné et visiblement pas la moindre idée de comment s’habiller pour se mettre en valeur ; et la deuxième, petite aux sens français et anglais du terme, parfaitement proportionnée, maquillée exactement comme il faut, avec une coiffure comme ça :

« Elle a relevé ses [cheveux] en chignon et les a négligemment fixés sur le sommet de sa tête avec une pince de bureau. […] Elle a glissé une paire de lunettes noires surdimensionnées en bandeau pour sécuriser l’ensemble. […] Cette fille possédait un chic inné, et j’avais l’impression que j’aurais pu passer ma vie à la regarder. »
People or not people
Lauren Weisberger

Le genre de fille qui essaye un vêtement, et toutes les occupantes des cabines d’essayage veulent le même… Son amie (élégamment surnommée « Marlou ») essayait des blouses et des robes housse, passait son temps à demander à la vendeuse la taille supérieure, et ne sortait jamais de sa cabine – signe évident si il en est que rien ne va et qu’il y a une crise de de-toute-façon-je-suis-grosse-et-moche dans l’air. Mais Little Miss Perfect prenait des poses devant la glace, découvrait ses gambettes au bronzage élégamment caramel (« tu comprends j’ai pas l’habitude des jupes aussi longues ») et se désespérait parce qu’il n’y avait plus la taille 0 pour ce débardeur tellement mignon. Mais bien sûr, elle est gentille et attentionnée, « alors Marlou, montre-moi ce que ça donne ?». Donc Marlou dispense généreusement à Little Miss Perfect des conseils vestimentaires (conseils que visiblement elle serait bien incapable d’appliquer pour elle-même). « Oh Marlou, il me faut absolument ton avis, tu as un tellement bon œil ! ». Jusqu’à aujourd’hui, je crois que je ne m’étais jamais rendue compte à quel point les filles peuvent parfois être cruelle sans même s’en apercevoir, entre amies ou même entre soeurs, juste parce que pour elles c’est normal de rentrer dans une taille 0 ou un 36.

J’ai pas à me plaindre, puisque c’est mon cas. En attendant, à côté de Little Miss Perfect

« je me faisais l’effet d’une pâtisserie dégoulinante »
Le journal de Bridget Jones
Helen Fielding

Je m’attendais presque à voir Natatash surgir de ma cabine pour s’exclamer : « mais mon chéri, tu m’avais dit qu’elle était maigre » (je tiens à m’excuser auprès de tous (Mmm) les gens qui liraient cet article et n’auraient pas lu Bridget Jones, et qui ignorent donc tout de Natatash et de ses jambes jusque là). Ai quand même acheté un pantalon gris huître à pont et un pull noir (je passe mon temps à acheter des pulls noirs, il faudrait vraiment que je trouve une autre couleur).

Je voulais conclure par une citation de Madame Antoine Darriaux sur les fermetures éclair (à « Zipper » dans Elegance). Mais comme je ne l’ai pas sous la main, j’en ai choisi une autre, qui me permettra de continuer sur le même sujet :

« On ne s’habille pas pour éblouir les autres femmes ou pour les embêter. On s’habille pour se déshabiller. Une robe n’a de sens que si un homme a envie de vous l’enlever. »
Françoise Sagan

Thursday, July 3, 2008

back to the mushroom*

Me voilà donc de retour à Nevers. Comme d’habitude, il pleut ; on m’a entraînée ici sous le prétexte fallacieux qu’il faisait aussi beau qu’à Toulouse, et je me retrouve à passer ma matinée à courir dans la maison pour fermer les fenêtres (d’un autre côté, peut-être qu’en ce moment il pleut à Toulouse…). Je déteste passer une semaine à attendre de rentrer, pour finalement réaliser le jour du départ que je resterais bien encore un peu…

On est donc parti mardi matin après avoir chargé dans la voiture 2 valises, 6 cartons, 10 paires de chaussures (11 en comptant la nouvelle), 2 bambous et 3 (mini, à ma décharge) cactus (au grand désespoir de P., et à l’étonnement de touristes hollandais croisés le midi). Quand M. dit « on rentre par le chemin des écoliers » en été, tu peux être sûr que ça veut dire 2 jours à faire 2 heures de marche pour admirer un point de vue et 4 murs en ruine (j’ai rien contre la marche ; c’est les murs en ruine que je trouve totalement inintéressants) et à l’entendre se plaindre « [qu’elle a] trop chaud » et « [qu’elle va] attendre ici, à l’ombre », comme une martyre de la guerre d’Espagne qui supporte tout avec le sourire pour faire plaisir à ses proches (auxquels ça fait vraiment, vraiment plaisir…). Sauf qu’en plus, j’ai eu droit aux engueulades causées par le dysfonctionnement de la voiture (une histoire de pot d’échappement et de « si t’es pas content t’as qu’à conduire »). On a dormi dans un gite où mon lit était tellement haut que je ne touchais pas le sol quand je m’y asseyais – et j’ai donc failli me casser la gueule quand je me suis levée la nuit.

Arrivée le mercredi soir et déballage du coffre sous la pluie. Dîner chez les grands-parents, avec une conversation aussi stimulante et cultivée qu’à l’habitude (brrr) et au lit à 22h pour m’endormir à minuit.

Debout à 8h30 ce matin, histoire d’être sûre que M. est déjà partie au travail. Le temps que j’étende le linge, il est 10h. Je grimpe dans la baignoire, ouvre la bouteille de shampoing, et là… Toc toc : « Camille, t’es prête, on part en course ». Ah ben là ça va pas être possible, pour le moment il me manque deux ou trois trucs indispensables à une apparition publique – à commencer par des vêtements (mais je suis couverte de mousse, ça peut peut-être passer ?). Donc douche, constatation qu’il pleut, donc séchage de cheveux (qui pour fêter mon retour ont décidé de prendre un configuration doigts-dans-la-prise). P. sort la voiture et ferme le portail, je suis toujours en train de me sécher les cheveux en petite culotte. Finalement, on a quand même réussi à être synchro.

Cette aprèm’ je vais en ville avec Laurène trouver un cadeau pour les 20 ans de Mathilde. Un bijou Swarowski (la correction automatique me propose Twardowski, si quelqu’un sait ce que ça veut dire…) peut-être ?

Pour finir ce (long article), la phrase du jour, qui me trotte dans la tête depuis ce matin, et n’a aucun rapport avec rien : « Mathilde est d’un naturel heureux. Elle se dit que si le fil ne lui ramène pas son amant, c’est pas grave, elle pourra toujours se pendre avec » (S. Japrisot, « un long dimanche de fiançailles »).
*Normalement, il y avait une illustration avec un champignon, mais vu la coopération de ce qui nous tient lieu d'accès internet...